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Conclusions - 

L’exploitation artisanale de l’or est aujourd’hui un secteur crucial pour l’économie du Burkina Faso. Véritable aubaine pour deux millions de personnes dans un pays aux ressources particulièrement limitées, son exploitation soulève de nombreux défis à résoudre.

Les pollutions générées, notamment aux cyanures et mercures représentent un problème de taille pour les orpailleurs et la population vivant à proximité des sites miniers. Exposés à ces composés chimiques, les orpailleurs développent des pathologies pulmonaires ou neurologiques. De plus, l’activité d’orpaillage accentue le phénomène de déforestation déjà amorcé par l’utilisation du bois pour le chauffage ou la construction.

Mais l’exploitation artisanale de l’or implique aussi des modifications sociales importantes. Les camps miniers, construits ex nihilo sont souvent excentrés des centres urbains. Les creuseurs et leurs familles se trouvent donc éloignés des infrastructures sanitaires et sociales. Enfin, si le travail des enfants régresse ces dernières années, leur nombre dans les mines reste important (700 000 selon l’UNICEF). L’or génère aussi des migrations, qu’elles soient internes au Burkina Faso ou de pays frontaliers. La coexistence des migrants et des locaux peut être génératrice de conflits.

Pour lutter contre ces phénomènes des solutions – sur le plan environnemental ou social – sont développées par divers acteurs à l’instar de l’UNICEF ou de l’ONG ARM (Alliance for Responsible Mining). Ces nouvelles techniques et pratiques ont eu des résultats encourageants en Amérique du Sud ou en Asie ; elles sont maintenant mises en place dans plusieurs sites tests en Afrique de l’Ouest et notamment au Burkina Faso. Néanmoins, si les résultats sont encourageants, l’échelle d’application reste limitée aux sites pilotes.

Quant aux sociétés minières, si elles s’investissent auprès des communautés locales – dédommagement des terres agricoles, aide à la reconversion – il convient de rester prudent. Nous l’avons vu, dans le cas de Cluff Gold, le développement minier s’est fait au détriment des orpailleurs informels installés depuis longtemps sur le site. 

Enfin si des politiques en faveur de la protection de la population sont bien adoptées, la faiblesse de l’État Burkinabè empêche leur bonne application. Il en est de même pour un contrôle exigeant des activités des compagnies minières. 

AuthorJoseph Bohbot